L'unité d’une existence humaine ne repose-t-elle pas sur le fait que les instants éphémères de la vie ne s'évanouissent pourtant pas, mais sont conservés, comme des traces ineffaçables, dans la mémoire ? Dès lors, penser la vie et la mort nécessite que l'on s'interroge sur la nature de la mémoire, et notamment que l'on distingue la mémoire humaine de la « mémoire » des ordinateurs. Au-delà de cet enjeu théorique, pourtant, la question révèle ses enjeux éthiques, car c'est peut-être par un effort de mémoire, par la volonté de transformer certains souvenirs en modèles de notre action, que nous pouvons travailler sur nous-mêmes et changer le cours de notre vie.