« Baal », nom vétérotestamentaire pour la divinité des idolâtres, semble désigner celle de notre époque, qui transgresse massivement l'interdit d'imager que Yahvé fit à Moïse. Cet interdit peut être compris comme l'impératif d'une mémoire de la dignité propre à ce qui excède toute image. Toutefois, plutôt que d'engager une quelconque condamnation de l'imagination, ce souci de l'invisible, ne peut-il être lu comme deux fois émancipateur, la libération objective d'un invisible se doublant de la libération subjective d'un imaginaire protégé de toute fixation en des images ?