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Comment accéder au savoir ?

Chaque semaine une nouvelle question philosophique ! 3'30" ;-) En partenariat avec Ouest-France, les Éditions Frémeaux&Associés et Radio Fidélité.

Presse - Publiée il y a plus de 2 ans
 

Présentation :

Socrate avait coutume de dire qu’il ne savait qu’une chose, c’est qu’il ne savait rien. Qu’est-ce qu’un ignorant peut bien nous apprendre ? On se doute qu’il y a dans ce type de propos une part de provocation. Socrate est ironique, mais au sens grec : « eirôeumaï » signifie « je questionne ». Socrate est donc l’inventeur de l’art d’interroger, c’est-à-dire de débusquer nos ignorances derrière nos certitudes apparentes. Croire que l’on sait est un obstacle à la connaissance.

Il faut commencer par savoir que l’on croit savoir. C’est l’expérience du serviteur de Ménon qui croyait que le double de la surface d’un carré s’obtenait en multipliant par deux la longueur de son côté. Bien interrogé, il découvre son erreur et se sait ignorant : le voici mûr pour entrer dans le savoir. La mère de Socrate était sage-femme, accoucheuse des corps. Son fils, philosophe, prétendait accoucher les esprits, c’est-à-dire favoriser l’accès au savoir. Mais comment apprendre ? Le savoir est toujours un acte solitaire, car il est appropriation personnelle. L’accoucheur des esprits ne se substitue pas à l’élève, pas plus que l’accoucheuse des corps n’apporte à la mère le bébé.

L’accouchement, en grec, c’est la maïeutique. Ce mot a fini par désigner l’art d’interroger pour accéder positivement à un savoir à découvrir au fond de soi. Après la phase de déstabilisation de l’ironie socratique où l’on sait que l’on ne sait pas, vient la maïeutique où, par l’art du questionnement, l’on parvient à aider le sujet à découvrir le savoir enfoui au fond de lui-même. Ainsi, sous la conduite de Socrate, le serviteur de Ménon saura comprendre que pour doubler la surface d’un carré, il faudra construire une nouvelle figure dont le côté sera égal à la diagonale de la première.


Ecouter : .../...


Pour aller plus loin :
- Platon, Ménon, 81 e- 85 b.
- J. Ricot, Leçon sur savoir et ignorer, Puf, 1999.
- M. Canto-Sperber (dir.), Les Paradoxes de la connaissance. Essais sur le Ménon de Platon. Odile Jacob, 1991.


Auteur de la chronique : Jacques Ricot
(Source : site Jactiv du journal Ouest-France Licences : Editions Frémeaux, Editions M-Editer)

 

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